Les psys malades du stress!

Intelligence RH, le 17 janvier, 2011 – 16:35 par Clotilde Lizion

La vie en entreprise n’est pas de tout repos, ça nous le savons. Lorsque le salarié se plaint de ne plus avoir de vie privée, de ne gérer que l’urgence au travail ou de subir un management harcelant, on pense aussitôt aux risques psychosociaux. Lorsque l’entreprise voit son équipe entièrement remaniée trois fois en deux ans pour cause de démissions, qu’une autre accuse trois plaintes coup sur coup aux prud’hommes pour harcèlement moral, ou bien qu’elle collectionne les arrêts de travail pour épuisement professionnel dont le pourcentage atteint des records, on se dit qu’en 2011 et avec la législation sur le harcèlement et le stress au travail, ce n’est plus possible.

C’est pourtant une réalité, et ce constat concerne des cabinets spécialisés… dans les risques psychosociaux !

Ces consultants, principalement psychologues, se retrouvent dans la situation de devoir gérer les urgences des clients à travers la France et même à l’international.  Lors de ces interventions, ils se doivent d’offrir aux personnes en souffrance une attitude bienveillante, un cadre sécurisé et d’apporter aux entreprises clientes des conseils adaptés tout en préservant la confidentialité des salariés.  L’intensité émotionnelle de ces missions est grande et le rythme est soutenu car bien souvent il faut partir de la maison au milieu de la nuit, rester plusieurs jours sur place et enchaîner les débriefings.

D’autre part, ces cabinets ont très vite grandi en effectif et se développent sur le modèle des entreprises « classiques » qui doivent être viables économiquement, donc en croissance constante de chiffre d’affaires.

C’est là une vraie révolution dans la profession de psychologue, c’est même un tabou qui se lève : ne plus vivre chichement de son métier mais contribuer à faire des bénéfices très substantiels !  Ne plus être déconnecté des valeurs marchandes mais être au centre d’une économie prospère.  Des cabinets ont d’ailleurs bien compris cette réticence culturelle et les rémunèrent ainsi à peine plus que la fonction publique, ce qui préserve leur sentiment d’intégrité…

Il est évident que dans ce contexte de prise de conscience nationale des risques psychosociaux et de la santé mentale, de nombreux cabinets spécialisés se développent et grandissent.  Il est beaucoup moins tolérable que cela se fasse au détriment de la santé de leurs propres salariés, car il n’est pas question ici de baisse de la productivité ou de malfaçon.  Ces personnes prennent en charge des salariés qui souffrent et on ne peut se permettre qu’ils soient eux-mêmes fragilisés, l’enjeu est doublement humain !

Comment être disponible pour l’autre lorsque l’on s’oublie soi-même ?

Actuellement de nombreux psychologues quittent ces grandes structures. Certains changent de domaine, d’autres tentent leur chance en tant que consultants indépendants, mais quelques-uns se trouvent épuisés, détruits et ne peuvent plus exercer.

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